Martin Sellner interdit de territoire à l'aéroport de Beauvais : la dédicace de « Remigration », le colloque et la manifestation empêchés
Interpellé à Beauvais-Tillé, dans l’Oise, l’essayiste autrichien Martin Sellner dit qu’il doit être reconduit hors de France ce vendredi 30 octobre. Il venait présenter à Paris son livre Remigration. Le document qu’il a photographié porte l’intitulé d’une interdiction administrative du territoire, datée du 29 octobre 2026.
Une interdiction administrative du territoire
L’annonce a été faite par l’intéressé lui-même, sur X, dans un message rédigé en anglais. Il y écrit avoir été arrêté en France et devoir être expulsé le lendemain, puis ajoute qu’on « peut arrêter les gens, mais pas les idées ».
Sur la photo qu’il a jointe, on distingue une « Notification d’une interdiction administrative du territoire », où le nom de l’aéroport de Beauvais-Tillé est ajouté à la main. La décision est datée du 29 octobre 2026. Les motifs détaillés de la décision, en revanche, ne sont pas lisibles sur le cliché. À ce stade, ils n’ont donc pas été rendus publics par cette voie.
Plus tôt dans la journée, Le Monde avait rapporté, en citant une source proche du dossier, que Martin Sellner devait faire l’objet d’une interdiction administrative d’entrée sur le territoire. Le but affiché était de l’empêcher de participer à la séance de dédicace qu’une librairie du VIIe arrondissement de Paris accueillait le vendredi 30 octobre. Des organisations de gauche prévoyaient un rassemblement contre cette rencontre.
Selon Fdesouche, qui s’appuie sur le message de Martin Sellner, sur RTL / AFP et sur Le Monde, l’arrestation à Beauvais s’inscrit dans une série de décisions visant les événements consacrés à la remigration prévus ce week-end en région parisienne.
Un colloque et une manifestation également interdits
La mesure visant l’auteur autrichien n’est pas isolée. Au Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, le colloque consacré à la remigration, programmé le samedi 31 octobre, a été interdit. La manifestation annoncée pour le dimanche 1er novembre à Paris l’a été aussi.
C’est Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, qui a demandé ces interdictions. Les autorités font valoir des risques de troubles à l’ordre public, en citant notamment le contexte créé par l’attentat de Trappes.
En trois jours, ce sont donc une dédicace, un colloque et un défilé qui se trouvent empêchés, chacun par une décision administrative distincte.
La pression d’élus parisiens
Ces interdictions ont été précédées de prises de position politiques. La France insoumise avait dénoncé la tenue de ces événements. Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, avait fait de même. Il avait saisi le préfet de police pour lui demander d’examiner des mesures pouvant aller jusqu’à leur interdiction.
L’enchaînement est donc le suivant : des élus demandent l’interdiction, le ministre de l’Intérieur la sollicite, puis l’administration interdit les rassemblements et notifie à un auteur étranger l’interdiction du territoire, la veille de sa venue.
Ce qui reste à éclaircir
Plusieurs points restent ouverts. Les motifs précis de l’interdiction administrative du territoire n’apparaissent pas sur le document diffusé. Le déroulé de l’expulsion annoncée pour ce vendredi n’est connu, à ce stade, que par la parole de l’intéressé. Et rien n’indique encore si les organisateurs du colloque ou de la manifestation contesteront ces interdictions devant le juge administratif.
Le débat de fond, lui, n’est pas tranché par une décision de police. La question migratoire, et celle du retour, restent au cœur du débat public, que le gouvernement interdise ou non les réunions qui les abordent. Pour comprendre les positions défendues par le mouvement, on peut consulter nos arguments et la page qui présente le mouvement.
Pour peser autrement que dans la rue, il reste la voie légale et pacifique : signer nos pétitions ou adhérer au mouvement.