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Attaque de Trappes : Le Monde corrige son information sur des « tracts RN » dans la voiture du suspect

Photo : Burgermac from Pornichet, France · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Le 26 octobre, Le Monde a affirmé que des « tracts du RN » avaient été retrouvés dans la voiture du suspect de l’attaque de Trappes. Moins de trois heures plus tard, le quotidien a corrigé deux points : ce n’étaient pas, à proprement parler, des tracts, et ils n’étaient pas dans la voiture.

L’attaque visée a eu lieu le 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Elle a fait un mort et cinq blessés. Le suspect, Kevin T., 39 ans, est désigné dans la source comme l’auteur présumé d’un attentat raciste. Il conteste ce caractère raciste, selon le compte rendu de la conférence de presse du Parquet national antiterroriste. La présomption d’innocence s’applique tant qu’il n’a pas été jugé.

Une information publiée à 12 h 16, corrigée à 14 h 55

Il est 12 h 16, lundi 26 octobre, quand Le Monde met en ligne un article sur le suspect. Citant une source proche de l’enquête, il affirme que des tracts du Rassemblement national se trouvaient dans sa voiture. L’information est aussi poussée dans une notification adressée aux lecteurs.

À 14 h 55, un correctif est daté sur l’article. Une seconde source a indiqué au journal que les documents se trouvaient ailleurs que dans le véhicule, et que le mot « tracts » ne convenait pas vraiment pour les désigner. Le quotidien ne précise pas la nature exacte de ces documents. Il maintient, sur la foi de cette seconde source, qu’ils étaient liés au RN.

La correction porte donc sur deux points précis, ceux qui faisaient le poids de la première version : la nature des documents et le lieu de leur découverte. Selon la conférence de presse du parquet antiterroriste rapportée par la source, aucun tract d’un parti politique n’a été découvert dans le véhicule.

Une version reprise après le correctif

La première version avait déjà circulé. Le député RN Matthias Renault l’a contestée publiquement. Plus tard, le RN a demandé des « excuses publiques » au journal, selon la mise à jour de la source.

À l’inverse, le député LFI Perceval Gaillard écrivait encore, dans une tribune publiée lundi à 18 h 01, que le quotidien avait fait état de tracts du RN dans la voiture du suspect. C’était plus de trois heures après le correctif. Selon la source, des messages de députés, d’avocats et de militants reprenant la première version restaient en ligne après la mise au point du parquet.

Fdesouche, en citant Le Figaro et Le Monde, établit que la version initiale des « tracts RN dans la voiture » a été corrigée sur deux points le jour même, et que la conférence de presse du parquet antiterroriste a exclu la présence de tracts politiques dans le véhicule.

Le profil du suspect reste à établir

Le Monde lui-même indique que ses proches, entendus par les enquêteurs, ne le présentent pas comme engagé à l’ultradroite. Chez lui, une perquisition a mis au jour un Coran et un exemplaire de Mein Kampf. De son côté, Mediapart rapporte qu’il avait participé, plusieurs années auparavant, à des actions antipublicitaires et à des soirées étudiantes, dont certaines en soutien à la Palestine ; un témoin estime que c’était pour lui « plus du lien social que des convictions ».

Selon la source, le suspect aurait déclaré s’en être pris à des Noirs et à des Arabes, pour répondre selon lui aux pillages du 17 octobre. Ses motivations exactes et sa responsabilité pénale relèvent de l’enquête en cours. Ces éléments, mis bout à bout, ne permettent pas de lui attribuer une appartenance politique précise.

Une question de méthode

L’épisode pose une question simple : pourquoi une information aussi sensible a-t-elle été publiée et notifiée sur la foi d’une seule source ? Et combien de lecteurs, ayant reçu la première version, ont vu la seconde ? La rectification existe, mais elle ne voyage pas à la même vitesse que l’information initiale.

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