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Strasbourg : déchu de son statut de réfugié, l'ancien prédicateur Mohamed Alashram relaxé car inexpulsable vers Gaza

Photo : Superchilum · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé Mohamed Alashram, 59 ans, ancien prédicateur originaire de Gaza, poursuivi pour ne pas s’être rendu à une convocation liée à la procédure d’expulsion le visant. Les juges ont estimé son renvoi vers la bande de Gaza impossible, rapportent les Dernières Nouvelles d’Alsace dans leur édition du 21 octobre 2026.

Une procédure d’expulsion bloquée par la destination

Mohamed Alashram n’est plus réfugié en France. Selon le quotidien alsacien, il a été déchu de ce statut et placé sous assignation à résidence. L’administration avait engagé une procédure d’expulsion, et c’est dans ce cadre qu’il était convoqué à un entretien. Il ne s’y est pas présenté, ce qui lui valait de comparaître devant le tribunal correctionnel.

Les juges ne l’ont pas condamné. Ils ont considéré que son renvoi vers la bande de Gaza ne pouvait pas avoir lieu et l’ont relaxé dans cette procédure. Autrement dit, l’obstacle n’était pas tant le refus de l’intéressé que l’absence de toute destination possible pour l’éloignement.

D’après les Dernières Nouvelles d’Alsace, la relaxe porte sur le seul refus de se rendre à l’entretien préalable à l’expulsion, les juges ayant retenu l’impossibilité d’un renvoi vers Gaza.

Ce que la relaxe ne juge pas

Le titre de l’article des DNA présente l’ancien prédicateur comme accusé d’inciter au djihad. Cette accusation n’était pas l’objet de l’audience : la décision rapportée concerne uniquement le manquement à la convocation liée à son expulsion. La relaxe ne dit donc rien, ni dans un sens ni dans l’autre, sur les propos qui lui sont reprochés.

Selon le quotidien, des soutiens de l’ancien prédicateur, réunis en comité, l’accompagnaient à l’audience. Ses avocats parlent, eux, de « harcèlement administratif ».

L’homme n’est pas inconnu. Son assignation à résidence et la grève de la faim qu’il avait menée en 2020 avaient déjà été relatées à l’époque.

L’assignation à résidence, solution par défaut

Le dossier illustre une situation que l’administration connaît bien. Lorsqu’un étranger perd son droit au séjour ou sa protection, l’État peut décider de l’éloigner. Mais une expulsion suppose un pays qui l’accueille et un moyen d’y parvenir. Quand ce pays est inaccessible, la décision reste sans effet, et l’assignation à résidence devient le seul outil disponible : la personne demeure sur le territoire, astreinte à des obligations de présence, sans que l’on sache combien de temps cela durera.

Dans le cas strasbourgeois, la situation dure depuis plusieurs années. L’assignation était déjà en place en 2020. La déchéance du statut de réfugié a été prononcée, la volonté d’expulser affichée, mais l’intéressé est toujours en Alsace, et la justice pénale constate à son tour qu’on ne peut pas lui reprocher de ne pas coopérer à un départ impossible.

Une décision publique sans exécution

Retirer une protection, engager une expulsion, puis constater qu’elle ne peut aboutir : la chaîne s’arrête au dernier maillon. Ce n’est pas un défaut propre à ce dossier. C’est la limite de toute mesure d’éloignement qui n’a pas été pensée avec ses conditions d’exécution, qu’il s’agisse d’accords avec les pays de destination ou de solutions lorsque la destination est fermée.

Tant que cette question reste sans réponse, des décisions prises au nom de la sécurité publique peuvent se transformer en situations provisoires qui durent. Les arguments du mouvement reviennent sur l’exécution des mesures d’éloignement. Pour peser sur ce débat, vous pouvez signer nos pétitions ou adhérer.