Conseil européen : divisés sur l'immigration, les Vingt-Sept réduisent leurs conclusions de neuf paragraphes à deux
Réunis à Bruxelles les 15 et 16 octobre, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur l’immigration. Le volet migratoire des conclusions du Conseil européen est passé de neuf paragraphes dans les projets à deux dans le texte final, selon Agence Europe. Le seul engagement concret : un futur cadre d’urgence face aux crises migratoires « instrumentalisées », que la Commission doit présenter d’ici la fin de l’année.
De neuf paragraphes à deux
Les projets de conclusions préparés avant le sommet consacraient neuf paragraphes à la question migratoire. Au terme de discussions décrites comme tendues entre les dirigeants, il n’en reste que deux dans le texte adopté. Le second de ces paragraphes renvoie l’essentiel du sujet à de prochaines réunions.
Pour un Conseil européen réuni après la crise de Ceuta, la réduction est nette. Elle dit moins ce que les Vingt-Sept ont décidé que ce sur quoi ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord.
Selon Agence Europe, reprise par Fdesouche, ce sont les profondes divisions entre États membres sur l’immigration qui expliquent des conclusions aussi réduites, l’essentiel des débats étant reporté à plus tard.
Le camp du durcissement : Danemark, Italie, Pologne
Trois pays ont poussé pour un texte plus ferme. Le Danemark, l’Italie et la Pologne demandaient notamment que la migration soit reconnue comme une préoccupation importante des citoyens européens. Ils plaidaient aussi pour réduire les facteurs qui incitent à l’immigration irrégulière et pour mieux coordonner les politiques migratoires nationales.
Aucune de ces orientations ne figure, en l’état, dans les conclusions finales.
La régularisation espagnole sur la sellette
Les négociations ont également été marquées par des critiques visant la politique de régularisation menée par l’Espagne. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, figurait parmi les voix les plus critiques, d’après Agence Europe.
En face, l’Espagne, la France et le Luxembourg ont fait barrage à une partie des « solutions innovantes » mises en avant par d’autres capitales. La France s’est donc retrouvée, sur ce dossier, aux côtés de l’Espagne plutôt que dans le groupe des pays qui réclamaient un tour de vis.
Un seul point concret : le cadre d’urgence
Le seul élément tangible conservé dans les conclusions est un mécanisme d’urgence à l’échelle de l’Union, dont Ursula von der Leyen avait fait l’annonce. Il doit permettre de répondre aux crises migratoires dites « instrumentalisées ». La Commission européenne doit présenter ses mesures avant la fin de l’année.
D’ici là, la politique migratoire de l’Union reste suspendue à des réunions dont la date et l’issue ne sont pas connues.
Ce que ce sommet révèle
Ce Conseil européen montre que la ligne de partage sur l’immigration ne passe plus seulement entre l’Est et l’Ouest du continent. Le Danemark se range aux côtés de l’Italie et de la Pologne pour demander davantage de fermeté. La France, elle, a fait le choix inverse dans cette négociation.
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