Livraison partout en France · Stickers & affiches militants · Expédition sous quelques jours
← Tous les articles

Ille-et-Vilaine : un lycée agricole bloqué par ses enseignants pour faire lever l'OQTF d'un élève ivoirien

Photo : chisloup · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

Une cinquantaine de personnes ont couru jeudi 15 octobre de Saint-Aubin-du-Cormier jusqu’à la préfecture d’Ille-et-Vilaine, à Rennes, pour soutenir Vassiriki Doumbia, élève de nationalité ivoirienne âgé de 21 ans et visé par une OQTF. Depuis deux semaines, son lycée agricole est bloqué par des enseignants qui réclament le réexamen de sa situation.

Une course-relais jusqu’à la préfecture

La mobilisation a pris la forme d’un relais à pied, de Saint-Aubin-du-Cormier jusqu’au chef-lieu breton. Selon la radio locale ICI, une cinquantaine de participants y ont pris part jeudi 15 octobre. Le parcours s’achevait devant la préfecture d’Ille-et-Vilaine, où les coureurs espéraient être reçus par un représentant de l’État.

Le jeune homme concerné, Vassiriki Doumbia, est de nationalité ivoirienne. Il a 21 ans et fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Présent sur le territoire depuis cinq ans, il suit une classe de terminale à La Lande de la Rencontre, l’établissement agricole de Saint-Aubin-du-Cormier.

Un lycée public bloqué par ses enseignants

Le fait le plus notable de cette affaire tient moins à la course qu’à la situation de l’établissement. Selon la source, le lycée agricole est bloqué depuis deux semaines par des enseignants. Leur objectif affiché : obtenir le réexamen de la situation administrative de leur élève.

Ce sont donc des agents d’un établissement d’enseignement qui interrompent le fonctionnement normal de celui-ci pour contester une décision prise par l’administration de l’État. Or la décision visée relève de la préfecture et, en cas de recours, du juge administratif.

D’après ICI, citée par Fdesouche, le jeune homme souhaite demeurer en France pour y continuer son parcours d’insertion dans l’emploi ; une entreprise souhaiterait l’embaucher et une pétition pour sa régularisation dépasse 17 000 signatures.

Une pétition et une promesse d’embauche

Les soutiens de Vassiriki Doumbia mettent en avant son parcours. Toujours selon ICI, une entreprise souhaite l’embaucher. Plus de 17 000 personnes ont signé une pétition qui demande sa régularisation.

Ces éléments sont ceux que présentent ses défenseurs. Ils ne changent pas, à ce stade, la situation juridique : une OQTF a été prononcée et, selon la source, faute de titre de séjour, son départ forcé est envisagé dans le courant du mois de novembre.

La question de l’exécution des OQTF

L’affaire illustre une difficulté récurrente : une obligation de quitter le territoire, décidée par l’État, se retrouve contestée non par une voie de recours mais par une pression locale, médiatique et militante. Le blocage d’un établissement, une course jusqu’à la préfecture, une pétition en ligne : chaque étape vise à obtenir de l’administration qu’elle revienne sur sa propre décision.

Si la préfecture cède, le message envoyé est clair : une OQTF peut être levée à condition que la mobilisation soit assez visible. Si elle maintient sa décision, reste à savoir si l’éloignement annoncé pour novembre sera effectivement exécuté. C’est sur ce point que l’action publique sera jugée.

Pour comprendre pourquoi l’exécution des décisions d’éloignement est au cœur de notre combat, consultez nos arguments. Vous pouvez aussi consulter nos pétitions en cours ou adhérer au mouvement pour peser dans le débat.