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Naturalisations : 3 millions de nouveaux Français depuis 2000, selon une étude Fondapol-OID

Photo : JacquesLavignotte · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Depuis l’an 2000, trois millions de personnes nées avec une nationalité étrangère sont devenues françaises. C’est le chiffre central d’une étude d’une cinquantaine de pages signée conjointement par deux groupes de réflexion, la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) et l’OID (Observatoire de l’immigration et de la démocratie), rapportée par Le Figaro. Les auteurs en tirent des conséquences électorales en vue de la présidentielle de 2027 et proposent de ne garder qu’une seule voie d’accès à la nationalité : la naturalisation par décret.

Trois voies d’accès, trois millions de nouveaux Français

L’étude s’appuie sur les données de l’Insee, du ministère de l’Intérieur et d’Eurostat, l’agence statistique de la Commission européenne. Elle ventile les trois millions d’acquisitions de la nationalité depuis 2000 selon leur mode :

  • 1,6 million par naturalisation par décret ;
  • 770 000 par le « droit du sol différé », qui permet à un enfant né en France de parents étrangers de devenir français à sa majorité après cinq années de résidence en France entre ses 11 et ses 18 ans, voire de façon anticipée à partir de 13 ans ;
  • 560 000 à la suite d’un mariage avec une personne de nationalité française.

Selon les auteurs, la France a enregistré entre 2000 et 2025 presque le double des acquisitions de nationalité comptées entre 1975 et 2000. Ils qualifient ces volumes de « sans précédent ».

L’étude Fondapol-OID affirme que le rythme des acquisitions de nationalité a presque doublé d’un quart de siècle à l’autre, des chiffres que, selon les auteurs, l’administration ne met pas elle-même en perspective.

Un réservoir de 763 000 mineurs

Le document insiste sur un chiffre prospectif. Au 1er janvier 2024, le pays comptait 763 000 mineurs de nationalité étrangère nés sur son sol. Pour les auteurs, chacun d’eux pourra devenir français par le droit du sol en atteignant 18 ans, sans démarche de naturalisation au sens strict.

C’est sur ce point que l’étude appelle à un « sursaut » : le flux d’acquisitions ne dépend pas seulement des décisions de l’administration sur les dossiers de naturalisation, mais aussi de mécanismes quasi automatiques.

Des intentions de vote très différentes

L’étude aborde ensuite le terrain électoral. D’après les données qu’elle cite, un électeur né de deux parents d’origine extra-européenne dit quatre fois plus souvent vouloir voter LFI qu’un électeur né de parents d’origine française. À l’inverse, il se tourne deux fois moins souvent vers Les Républicains et presque trois fois moins souvent vers le RN.

Le Figaro rappelle à ce propos une note du think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, qui recommandait dès 2011 à la gauche de miser sur les jeunes, les urbains et les électeurs issus de l’immigration face au recul du vote ouvrier. Selon le quotidien, LFI est en passe de réussir ce que les socialistes visaient alors.

La proposition : la naturalisation par décret, et rien d’autre

La recommandation principale des auteurs est simple : faire de la naturalisation par décret la seule voie d’acquisition de la nationalité française. Cela reviendrait à supprimer l’acquisition automatique par le droit du sol différé et l’acquisition par mariage, qui représentent ensemble plus de 1,3 million des trois millions d’acquisitions depuis 2000. Chaque demande passerait alors par un examen individuel de l’État.

Cette proposition rejoint un débat ouvert depuis longtemps sur l’automaticité de l’accès à la nationalité. Les raisons qui fondent la position du mouvement sur ce sujet sont détaillées dans la rubrique nos arguments. Pour peser sur ce débat, vous pouvez signer nos pétitions ou adhérer au mouvement.