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Natalité en France : un quart de naissances en moins en quinze ans, un enjeu politique

Photo : auteur inconnu · CC0 · Rawpixel

En quinze ans, le nombre de naissances a reculé de près d’un quart en France, et les décès y dépassent désormais les naissances. Dans une note publiée le 12 octobre, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie soutient que cette chute n’est pas une fatalité et que la natalité relève d’abord de choix politiques.

Un solde naturel devenu négatif

Le croisement des courbes de la mortalité et de la natalité est, selon l’Observatoire, un fait inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. Il signe un solde naturel négatif : la population ne se renouvelle plus par les seules naissances.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) se rapproche de 1,53 enfant par femme en France métropolitaine, et de 1,56 sur l’ensemble du territoire national, après plusieurs années de déclin. L’Observatoire juge probable que cette baisse se poursuive, faute de politiques publiques suffisamment ambitieuses, comme le suggèrent notamment les projections de l’INSEE.

Un désir d’enfant supérieur à la réalité

Le point central de la note tient dans un écart. Les Françaises déclarent vouloir plus d’enfants qu’elles n’en ont. Le désir moyen est de 2 enfants chez les 25-29 ans, de 1,9 chez les 30-34 ans et de 2 chez les 35-39 ans. La taille de famille jugée « idéale » se situe autour de 2,3.

Ce désir baisse lui aussi : en 2005, il atteignait 2,5 à 2,6 et 2,3 pour les mêmes tranches d’âge. Mais l’écart entre l’ICF et le nombre d’enfants souhaités reste d’un peu plus de 0,35 enfant par femme.

L’Observatoire estime que si ce désir d’enfants était réellement accompli, la France aurait connu en 2025 un solde naturel nettement positif, au lieu du déficit actuel.

Concrètement, combler cet écart représenterait environ 150 000 naissances de plus par an. Toujours selon la note, environ 800 000 enfants seraient nés en France en 2025, au lieu de 650 000.

Pourquoi le désir d’enfant recule

L’Observatoire recense plusieurs explications avancées par les chercheurs :

  • une crainte diffuse de l’avenir, financier, social ou géopolitique, qui réduit la probabilité de devenir parent indépendamment de la situation personnelle ;
  • une image dégradée de la parentalité, alimentée par les représentations diffusées sur les réseaux sociaux ;
  • la hausse du célibat et l’instabilité des couples. la part des femmes de 30 ans en couple est passée de 84,5 % en 1975 à 67,5 % en 2019 ;
  • des facteurs culturels plus diffus, comme la montée de l’individualisme ou la sécularisation.

Des obstacles matériels

Le désir qui subsiste est souvent contrarié. Selon une enquête OpinionWay citée par l’Observatoire, 18 % des parents ont dû revoir à la baisse leur projet familial, dont environ la moitié pour des raisons matérielles, comme le logement ou les finances.

Les politiques familiales en question

L’Observatoire conteste l’idée, répandue selon lui, que les politiques familiales seraient impuissantes. D’abord parce qu’atténuer une baisse, même sans remonter à deux enfants par femme, est déjà un résultat. Ensuite parce que les échecs cités en exemple tiennent souvent à des mesures mal calibrées. Il rappelle aussi l’avertissement du Haut-commissariat à la stratégie et au plan : ces évolutions démographiques pèsent directement, à moyen et long terme, sur les équilibres économiques et les finances publiques.

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