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Ceuta : Pedro Sánchez reconnaît l'entrée de navires de guerre marocains pendant l'afflux migratoire de juillet

Photo : Contando Estrelas · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Pedro Sánchez a reconnu, le 12 octobre, que des bâtiments de guerre marocains étaient entrés sans y être autorisés dans les eaux de Ceuta, les 30 et 31 juillet, en plein afflux de migrants vers l’enclave. L’épisode était resté secret pendant 74 jours. Le chef du gouvernement espagnol n’a pas dit pourquoi ces navires avaient franchi la limite.

Deux jours de juillet sous tension

Les faits remontent à la fin de l’été. Les 30 et 31 juillet, alors que Ceuta faisait face à une arrivée massive de migrants, des navires de la Marine royale marocaine ont pénétré dans des eaux placées sous souveraineté espagnole, sans en avoir reçu l’autorisation.

Ce n’était pas, selon la presse espagnole, une simple erreur de cap. Le quotidien El Español parle d’incursions répétées de plusieurs bâtiments. Face à cette présence, Madrid a renforcé son dispositif en mer : d’abord avec le Rayo, un bâtiment d’action maritime, puis avec deux frégates, la Santa María et la Navarra.

D’après El Español, cité par Fdesouche, l’Espagne a dû monter en puissance sur le plan naval face à ces passages répétés de navires marocains dans ses eaux, au moment même où l’enclave affrontait la pression migratoire.

Un aveu le jour de la fête nationale

C’est en marge de la réception donnée pour la fête nationale espagnole, le 12 octobre, que Pedro Sánchez a été interrogé sur ces événements. Il a confirmé les faits et qualifié ces journées de « très intenses et très difficiles ».

Le Premier ministre a ajouté que les forces armées des deux pays avaient eu des échanges à haut niveau. Il n’a en revanche donné aucune explication sur les raisons de la présence des bâtiments marocains dans les eaux de Ceuta.

74 jours de silence

Le point le plus frappant tient au calendrier. Entre la fin juillet et la mi-octobre, rien de ces incursions n’avait été rendu public. Il a fallu 74 jours et une question posée au chef du gouvernement pour que l’information soit confirmée officiellement.

Ce délai pose une question simple : celle de l’information due aux citoyens quand la souveraineté d’un État membre de l’Union européenne est en jeu sur l’une de ses frontières extérieures.

Une coïncidence qui reste à éclairer

Les incursions navales ont eu lieu au moment même où les migrants affluaient vers Ceuta. Les sources citées n’établissent toutefois aucun lien direct entre les deux événements, et il serait hasardeux d’en tirer une conclusion.

Reste que Ceuta, enclave espagnole sur la côte africaine, est l’une des rares frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique. Ce qui s’y passe concerne l’ensemble des pays européens, y compris la France. Pour connaître notre position sur le contrôle des frontières, lisez nos arguments et signez nos pétitions.