Trieste : des bénévoles d'aide aux migrants suspendent leur action après des menaces
Deux associations d’aide aux exilés de Trieste, Linea d’Ombra et Fornelli resistenti, interrompent pour sept jours leur présence auprès des demandeurs d’asile. Elles disent avoir subi des intimidations et des insultes de la part d’un petit groupe de migrants, dont deux Afghans selon l’un de leurs responsables. La police italienne avait déjà mené un contrôle sur la même place le 7 octobre.
Une pause d’une semaine sur la piazza Libertà
Les deux collectifs interviennent sur la piazza Libertà, où se retrouvent les personnes qui ont emprunté la route des Balkans. Leurs volontaires y servent des repas et y prodiguent des soins. C’est cette activité, quotidienne et visible, qu’ils ont choisi d’arrêter pour une semaine, en mettant en avant les menaces et les insultes dont ils disent avoir été la cible.
La décision est inhabituelle. Ce sont ici des militants de l’accueil, et non des riverains ou des élus hostiles à l’immigration, qui décrivent un climat devenu intenable sur le lieu même de leur action.
D’après le site Fdesouche, qui s’appuie sur la presse locale de Trieste et sur le Secolo d’Italia, les bénévoles imputent les menaces à quelques personnes seulement, parmi lesquelles un homme déjà fiché par la police, qu’ils présentent comme l’instigateur.
Ce que racontent les bénévoles
Le 8 octobre, Lorena Fornasir, figure de Linea d’Ombra, a expliqué au journal TriestePrima qu’un individu connu des services de police aurait poussé d’autres personnes à intimider les volontaires. Elle signale en outre des menaces reçues en ligne.
Gian Andrea Franchi, vice-président de l’association, est plus précis dans les colonnes du Secolo d’Italia. Il parle d’un ancien détenu de nationalité afghane et d’un second ressortissant afghan. Selon lui, ce noyau restreint a multiplié les menaces jusqu’à rendre la situation difficile pour l’équipe. Ces accusations restent à ce stade celles des associations : aucune poursuite n’est mentionnée.
Un contrôle de police dès le 7 octobre
Les autorités n’ont pas attendu l’annonce des bénévoles pour intervenir. La préfecture de police de Trieste a organisé un contrôle sur la place le 7 octobre. Son communiqué, relayé par TriestePrima, le justifie entre autres par des gestes agressifs visant deux journalistes et une volontaire.
Une question d’ordre public à la frontière de l’Europe
Trieste se trouve sur le trajet de ceux qui remontent la route des Balkans vers l’Italie. L’épisode montre qu’un petit nombre d’individus peut suffire à faire reculer ceux-là mêmes qui leur viennent en aide, et pose la question des moyens laissés à l’État pour tenir l’espace public dans ces points d’arrivée.
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