Royaume-Uni : Shabana Mahmood sur les femmes parties du nord de la France
Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur au Royaume-Uni, dit que la quasi-totalité des femmes qui cherchent à traverser depuis le nord de la France vers les côtes britanniques, sur de petites embarcations, subissent un viol pendant ce passage. L’entretien est celui du podcast The Rest Is Politics. La page qui le reprend est datée du 5 octobre et renvoie au Daily Mail.
Ce que la ministre met sur le compte des trafiquants
Dans cet entretien, Shabana Mahmood lie le sort des demandeuses d’asile à ceux qui organisent les départs. Tant que des trafiquants continuent de choisir qui part vers la Grande-Bretagne, dit-elle, des agresseurs sexuels exploiteront la plupart de ces femmes. La phrase est au futur. Elle ne décrit pas une enquête chiffrée. Elle décrit un mécanisme qu’elle juge installé.
Elle ajoute que Londres ne tient pas cette frontière. Le tri, selon elle, se fait avant l’embarquement, parmi les personnes déjà massées côté français et prêtes à monter dans un canot pneumatique. Ce tri serait le fait de bandes criminelles. Elle précise, dans la même phrase, que ces bandes sont aussi des trafiquants d’êtres humains. Le « soit dit en passant » est dans la citation. On le laisse.
Deux formules, pas le même périmètre
Vient ensuite la formule la plus large. Elle dit qu’on peut presque tenir pour acquis le viol de toute femme qui attend de ce côté-ci de la Manche, et elle situe ce viol pendant le trajet, pas seulement sur l’eau. Deux prudences sont dans sa bouche : « presque » et « probablement ». Le chapô de la page, lui, parle de la traversée, et il parle de quasi-totalité, à l’indicatif. Les deux formulations figurent l’une après l’autre. Elles ne couvrent pas le même moment. L’article les garde côte à côte.
Mahmood parle aussi d’hommes. Certains, dit-elle, ont certainement été victimes d’abus et de menaces. Elle en tire une conclusion politique, pas un bilan judiciaire : ce n’est pas de cette façon que l’on devrait décider si une personne peut entrer au Royaume-Uni, y trouver refuge, puis « devenir l’un des nôtres ». La page ne donne ni nombre de plaintes, ni nombre de condamnations, ni nom d’agresseur.
Dimanche, un port, et une coupure
Le même texte raconte ensuite un dimanche. Environ 300 manifestants hostiles aux migrants en viennent aux mains avec les forces de l’ordre. Le contexte donné : des dizaines de personnes venaient d’accoster, en canots, dans un port de marine ancien, par un itinéraire inédit pris pour éviter d’être repérées. Le nom du port n’est pas dans l’extrait. Le récit s’interrompt sur des points de suspension.
Plus loin, après une autre coupure, Mahmood s’adresse à Rory Stewart, ancien ministre conservateur, et à Alastair Campbell, présenté comme un ancien proche de Tony Blair. Elle vise des manifestants cagoulés qui bloquaient des ports et qui louaient sa politique. Elle leur dit d’aller se faire voir. C’est la formule retenue dans le corps de la page. On ne la renforce pas.
La page, en citant Shabana Mahmood dans The Rest Is Politics et en renvoyant au Daily Mail, retient ceci : la ministre juge la frontière hors de contrôle britannique, attribue le choix des départs à des bandes criminelles, et estime presque certain le viol, pendant le trajet, de toute femme qui attend dans le nord de la France. Le même extrait place un dimanche de heurts entre les forces de l’ordre et environ 300 manifestants, après l’accostage de dizaines de canots dans un port ancien dont le nom manque ici.
Ces éléments sortent de cette page, et d’elle seule. Le cadre que le mouvement donne à ce type de fait est sur les arguments et dans la présentation du mouvement. Pour signer ou rejoindre, les pétitions et l’adhésion sont ouvertes.